Présentation

 

 

Les Amis de la Maison de la culture de Saint-Gervais

ont le grand plaisir de vous inviter à découvrir la

Biennale libre de l’Image en Mouvement

du 4 au 6 septembre 2009 au CAC-Voltaire

Il y a une affinité fondamentale entre l’œuvre d’art et l’acte de résistance (…) Tout acte de résistance n’est pas une œuvre d’art bien que, d’une certaine manière elle en soit. Toute œuvre d’art n’est pas un acte de résistance et pourtant, d’une certaine manière, elle l’est. (…) L’acte de résistance, il me semble, a deux faces : il est humain et c’est aussi l’acte de l’art. Seul l’acte de résistance résiste à la mort, soit sous la forme d’une œuvre d’art, soit sous la forme d’une lutte des hommes. (Gilles Deleuze)

Créer c’est résister – Résister c’est créer

Pour s'oposer à la volonté politique qui a empêché toute activité artistique au Centre pour l’image contemporaine en 2009, revendiquer sa survie et celle de son esprit, les Amis de la Maison de la culture de Saint-Gervais organise du 4 au 6 septembre 2009 la Biennale libre de l’Image en Mouvement (Blim !) avec la généreuse participation d’une trentaine d’artistes et réalisateurs.

La Blim !, c’est :

! exposition de photographies d’Alan McCluskey «Eau Vive», à découvrir du 4 au 20 septembre

! projections de films de réalisateurs et d’artistes suisses et internationaux

! débat sur la politique culturelle genevoise

La Blim ! veut faire connaître les activités du Centre pour l’image contemporaine (CIC) avant la votation populaire du 27 septembre qui décidera de son sort et démontrer la nécessité pour les artistes et pour le public de conserver à Genève un espace de diffusion et d’échanges dédié à la production, à la diffusion et à la conservation d’œuvres liées à l’image contemporaine.

 

 

facade

Qui veut la peau du CIC ?
Dès 1984, le Département des arts et médias électroniques de Saint-Gervais s’est donné pour mission d’assister les artistes locaux dans la production d’œuvres vidéos, de diffuser cette création par le biais de projections, d’expositions et d’événements d’audience internationale (les Biennales de l’Image en Mouvement (BIM) et Version), ainsi que de conserver et collectionner des travaux vidéos qu’il met à disposition du public par le biais de sa médiathèque. Il deviendra le Centre pour l’image contemporaine en 1998.
Le Département de la Culture (DC) et la Fondation (FSGG) qui chapeaute les deux pôles d’activité de St-Gervais (CIC et Théâtre) ont décidé sa liquidation. Un débat soigneusement préparé avait conduit la majorité du Conseil municipal à voter son maintien le 24 juin 2008. Le 6 décembre 2008, à l’occasion du vote du budget, le DC obtenait qu’une décision contraire lui coupe les vivres et transférait sa subvention (1'090'985.- Frs) à d’autres institutions (Centre d’Art Contemporain et Fonds municipal d’art contemporain).

Contre cette décision, plus de 150 personnalités des milieux culturel, associatif, syndical et politique ont constitué le Comité « Sauvons la maison de la culture de Saint-Gervais » et fait aboutir avec 5’699 signatures le référendum qui demande le rétablissement de la subvention du CIC. Soumis au vote le 27 septembre, le référendum aurait dû amener les autorités à maintenir budgets et activités à Saint-Gervais jusqu’à la date de la votation. Imperturbablement elles ont poursuivi leur travail de sape en n’ayant cesse de répéter que la subvention avait bel et bien été transférée à des tiers. Pourtant, la BIM, qui devait être reprise par le Centre d’Art Contemporain n’aura pas lieu en 2009, l’argent public dédié à l’image contemporaine n’aura pas été utilisé à cette fin, le personnel du CIC se voit interdire toute activité autre que des missions visant explicitement à préparer sa liquidation et la centaine d’artistes et d’artisans qui collaboraient avec le CIC est mise sur la touche.


La diversité culturelle genevoise est-elle vouée à la casse ?
Le Chef du Département municipal de la culture paraît obsédé par la concentration autour de pôles de prestige et par des réalisations bling bling. La Maison de la Culture de Saint-Gervais et son élan créatif frondeur n’a pas sa place dans un tel dispositif. Il appartient à ses défenseurs de se mobiliser pour faire vivre ce service public essentiel favorable à l’expérimentation dont l’histoire est étroitement liée à la démocratisation des études et de la culture entamée dans les années 1960.

L’acte de résistance, c’est aussi l’acte de l’art
L’Association des Amis de la Maison de la culture de Saint-Gervais s’est constituée afin de promouvoir, de défendre, de pérenniser et de développer les activités de Saint-Gervais Genève, un espace public au service de la population et des créateurs.
Un appel à participer à une Biennale libre de l’Image en Mouvement (Blim !), visant explicitement à soutenir l’action contre la disparition de ce lieu spécifique, a été lancé auprès d’artistes et amis du CIC. Les œuvres aimablement et généreusement proposées seront présentées au public. Nous remercions vivement toutes celles et ceux qui nous ont répondu positivement et ont accepté de mettre à disposition des organisateurs l’un de leurs travaux.
Hélas, la Blim ! ne bénéficie évidemment pas des soutiens du Département de la culture ni de la Fondation SGG, ni d’aucune autre subvention publique ou privée. Elle n’a pu compter que sur la générosité des artistes et des réalisateurs et sur les forces vives de personnes attachées à sa cause.
Dans l’esprit des précédentes éditions des Biennales de l’Image en Mouvement mises sur pied par le CIC, cette manifestation a privilégié les films à caractère artistique et expérimental pour confronter des œuvres personnelles qui se démarquent des productions audiovisuelles conventionnelles et commerciales.

«L’objectif (de la Maison de la culture de Saint-Gervais) n’étant pas seulement d’exhiber la culture, mais de proposer un ensemble d’activités cohérentes qui permettent de développer une action culturelle à long terme qui soit impliquée dans une réalité sociale», la Blim ! présentera également plusieurs documentaires abordant des problématiques politiques et sociales actuelles.

A l’occasion de la Blim ! :

 

 

 

! vous découvrirez des vidéos récentes d’Emmanuelle ANTILLE, Erik BULLOT, collectif_fact, Pierre COULIBEUF, Christoph DRAEGER, Elodie PONG, Koka RAMISHVILI, Volker SCHREINER ou Akram ZAATARI, mais reverrez aussi Semiotics of the Kitchen de Martha ROSLER ou L’étreinte de Robert CAHEN.

! deux vidéos d’artistes new-yorkais, l’une de Jem COHEN (Flags) et l’autre de Shelly SILVER (In Complete World), évoqueront la société américaine au début du 21e siècle, ses drames, ses interrogations et ses convictions.

! une mini-rétrospective sera consacrée à Shaï CARMELI POLLAK qui avait marqué les esprits avec Bil’in mon amour en 2006, un documentaire coup de poing sur le quotidien du village palestinien de Bil’in, dont le comité populaire, avec le soutien de militants israéliens et internationaux, résiste pacifiquement depuis 5 ans à la confiscation de la moitié de ses terres et à la construction du mur qui les en sépare. Ce film sera une nouvelle fois présenté en Suisse et sera accompagné de deux nouveaux films du même réalisateur : Refugees (qui évoque le destin de réfugiés africains, issus du Darfour pour leur majorité, venus chercher la sécurité en Israël) et Adieu Bassem. Chronique d’une mort annoncée (témoignage du destin tragique d’un résistant palestinien du village de Bil’in). Sous réserve de l’obtention de son visa, Haithem Muhammed Jamal Taufik AL-KHATIB, du comité populaire de Bil’in, sera présent ainsi que Shaï CARMELI POLAK pour débattre avec le public.

! Alain TANNER présentera son premier long-métrage, Charles mort ou vif (1969), un film manifeste tourné dans la mouvance de mai 68, portrait d’un vieil homme qui décide de quitter sa vie confortable de patron bourgeois pour mener une vie retirée auprès d’un couple de bohèmes pour retrouver liberté de pensée et goût de vivre.


! Des Suisses à l’aventure de Daniel KUNZI évoquera un pan méconnu de l’histoire suisse. Il a suivi la trace de quelques Suisses qui ont versé leur sang en combattant avec les Forces françaises libres contre le nazisme et ont été condamnés par leur propre pays.

! Alan MCCLUSKEY proposera une exposition de photographies intitulée Eau Vive du 4 au 20 septembre 2009 au CAC-Voltaire.

Vernissage le 4 septembre dès 18 heures

L’eau en fête : « Dans un livre intitulé « La Danse de la Vie », Edward Hall dévoile la multitude de micro interactions qui ont lieu entre des gens au fur et à mesure de la vie quotidienne sans qu’ils en aperçoivent quelque chose. J’ai repris cette idée dans une vidéo (Sonate) grâce à l’utilisation du ralenti montrant la poésie mais également la violence des entrechoquements sur une place de marché à Genève. Vingt ans plus tard, je retrouve ce même intérêt à dévoiler l’invisible caché dans le mouvement, cette fois-ci à propos de l’eau. On y retrouve des formes étrangement vivantes et des compositions envoûtantes qui invitent l’imaginaire au voyage. » La seconde exposition, Mémoire d’eau, aura lieu à Colombier (canton de Neuchâtel) du 11 septembre au 23 octobre 2009.


Faute de moyens et de locaux, l’envergure des BIM manquera peut-être à cet événement. En revanche, notre manifestation est généreusement accueillie par le CAC-Voltaire que nous remercions vivement de son engagement.